Jacques Lonchampt qui fut de 1961 à 1990 le critique musical du quotidien Le Monde, est décédé le 27 décembre 2014, à Paris à l’âge de 89 ans. Il avait été engagé à ce poste par le fondateur du journal, personnellement, Hubert Beuve-Méry. Il a été pendant près de trente ans un témoin scrupuleux et recherché par les professionnels et les curieux de la vie musicale et lyrique en France et en Europe. Né à Lyon le 10 août 1925 dans une famille de mélomanes, après des études de lettres, Jacques Lonchampt fit ses premières armes de critique musical à Lyon Libre, et devint à vingt ans délégué des Jeunesses Musicales de France (JMF), dont il anima, comme rédacteur en chef, le Journal Musical Français, qui tirait alors à 200.000 exemplaires. Parallèlement à son activité de critique musical au Monde, il eut en plus diverses responsabilités aux Editions du Cerf, dont notamment celle de la réalisation d’une monumentale édition critique des écrits de Sainte Thérèse de Lisieux. Il publia en outre une analyse des quatuors de Beethoven (éd. Fayard) et mit à profit sa retraite pour regrouper ses propres articles ainsi que ceux d’Émile Vuillermoz (éd. L’Harmattan), qui fut un de ses maîtres en critique et dont il acheva l’Histoire de la Musique (éd. Fayard). Jack Lang, alors Ministre de la Culture, lui avait remis la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur. Peu avant de mourir, toujours lucide et actif, il avait rédigé et publié une Histoire de ma vie (ed. L’Harmattan) qui permet de mieux connaître l’homme habité par une intense foi catholique. Jacques Lonchampt qui était membre du Syndicat professionnel de la critique de théâtre, de musique et de danse, a participé de longues années activement à son Comité et occupa le poste de vice-président musique.

Yves Bourgade, membre du Comité du Syndicat de la Critique