Baisse des subventions allouées aux structures culturelles, un sujet à suivre de près ?

Le constat est clair. Après plus d’un an de crise sanitaire et plus de 7 mois de fermeture au public des structures culturelles, le secteur du spectacle vivant, bien qu’il soit aidé par l’État depuis mars 2020, est fragilisé. Il en est de même à chaque crise : la culture est souvent le premier poste budgétaire qui voit ses subsides réduits. Et les premiers à être impactés sont, tout particulièrement, les budgets dédiés à la création.

Depuis un an, les premiers signes d’une baisse de subvention ont commencé à se faire sentir. 

Changement de municipalités, nouvelles orientations dans les politiques culturelles, etc… Si dans certaines villes, bon an mal an, les réductions de subvention ont été négociées et anticipées, dans d’autres lieux, la situation est plus complexe, le choix unilatéral. 

Le Syndeac, dans un communiqué daté du 31 mai 2021, alertait sur la situation du théâtre d’Arles, scène conventionnée d’intérêt national, qui se voit amputée de ses missions, de ses subventions et de sa légitimité après les décisions du nouveau maire d’interférer dans la programmation du lieu. 

À Paris, d’autres voies sont à l’étude, mais la menace de baisses drastiques de subventions et de leur attribution selon des critères flous plane au-dessus des établissements publics. Certains choix en cours de réflexion peuvent paraître arbitraires, il est donc important de garder la tête froide et de réaffirmer, ici, que notre Syndicat s’engage fortement pour la parité, la diversité et l’égalité tout en continuant à défendre une création artistique libre et indépendante. 

À chacun de nous, dans nos colonnes, d’alerter sur ces sujets. Le Syndicat de la critique fait surtout le constat d’une fracture plus profonde : La parité, L’égalité et La diversité n’ont rien d’une évidence. Il suffit de se référer aux dernières statistiques de l’Observatoire des égalités entre femmes et hommes, dans la culture et la communication parues en 2021. Les chiffres sont malheureusement peu réjouissants. (voir ci-dessous)  

Les dernières nominations à la tête des CDN n’en sont qu’un exemple des plus flagrants, et cela malgré l’incitation, des pouvoirs publics, à voir plus de femmes postuler à de tels postes. Toutefois, il est des exceptions, certain.e.s metteuses et metteurs en scène tout comme des directrices/directeurs de lieux s’engagent à monter autant de textes d’autrices que d’auteurs.

L’engagement des uns, la volonté des autres, est-ce suffisant pour changer les choses en profondeur ? Non. Il faut toutefois veiller à ne pas mélanger les sujets Et, en tant qu’observateurs du monde de la culture, nous sommes et resterons vigilants pour que la création artistique reste libre et indépendante, et à ce que les baisses de subvention ne soient pas idéologiques ou arbitraires. Nous devons aussi nous faire l’écho du monde qui change – à un rythme certes lent pour certain.e.s – , qui se doit d’être égalitaire, paritaire et faire la part belle à la diversité, à l’universalité. 

Les chiffres de l’Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes

– Zéro femme à la tête d’un théâtre national

– 20 % de femmes à la direction d’un opéra

– 13 % de femmes à la tête des centres nationaux de création musicale

– 16 % de femmes à la tête des CCN et 77 % à la tête des CDC

– 37 % de femmes à la tête des CDN & CDR

– 33 % à la tête des scènes nationales

– 28 % du montant total des aides à la création accordées à des femmes en 2020

Et côté programmation :

– 27 % de représentations de spectacles mis en scène, scénographiés ou chorégraphiés par des femmes dans les théâtres nationaux en 2020-2021

– 36 % dans les scènes nationales

– 26 % de spectacles écrits par des femmes dans les théâtres nationaux en 2020-2021

– 28 % dans les scènes nationales

 

Le Président

Olivier Frégaville-Gratian D’Amore

en collaboration avec les membres du Comité du Syndicat de la critique

BOURSES 2021 – APPEL A CANDIDATURES Cette année, en raison des conditions sanitaires et des délais très courts, nous faisons un premier appel pour le festival d’Avignon (Théâtre).

En 2021 et pour la quatrième année, le Syndicat Professionnel de la Critique de Théâtre, de Musique et de Danse, lance un appel à candidatures pour financer le déplacement de critiques professionnels ou en devenir dans un festival français d’envergure et ce jusqu’à quatre récipiendaires. Continue reading

[Communiqué de presse]  Création de l’association Loi 1901 : Le Collectif Cabarettiste 

Le Collectif Cabarettiste est né ! 

Présidée par Jérôme Marin, composée d’un collectif d’artistes, d’artisanes et  artisans, de techniciennes et techniciens du Cabaret, l’association s’est constituée afin de défendre et de promouvoir auprès du plus grand nombre l’Art du Cabaret, ses  acteurs, ses actrices et ce dans toute leur diversité. 

Nos premiers enjeux sont de faire reconnaître la valeur artistique, sociale et économique du Cabaret d’aujourd’hui, de mettre en commun les savoir-faire, les  pratiques, de favoriser la recherche, de créer un réseau d’informations et d’actions  qui soient enfin dédiés au Cabaret. 

Pour défendre cet art dans sa variété, pour accompagner ses praticiennes et  praticiens dans leur multiplicité, pour envisager des solutions à nos problématiques, pour réfléchir et agir ensemble, le collectif Cabarettiste a la volonté de se développer  et d’étendre ses actions en France Métropolitaine et en Outre Mer, mais aussi, dans un deuxième temps, au sein de l’Union Européenne. 

Nous proposons dès à présent à nos adhérentes et adhérents des outils pour nous rassembler : 

– Un questionnaire à destination des artistes de Cabaret afin de faire un état des  lieux de notre discipline et de nos conditions de travail. 

– La création d’un annuaire en ligne gratuit à la consultation, outil professionnel  inclusif à destination des artistes, des collectifs, des artisanes, des artisans, des  techniciennes, des techniciens, des lieux ou organisatrices et organisateurs d’évènements.

– Cet outil a pour but de mieux nous recenser dans notre diversité en  nous dotant d’une visibilité favorable à la construction d’un réseau de relations professionnelles. 

– Un site collaboratif à l’intention des membres actifs pour leur permettre d’assister  ou de participer aux réflexions et travaux en cours. 

Cabarettistes, amies et amis, rejoignez-nous maintenant ! 

Adhérez à l’association pour travailler avec nous ou simplement suivre l’avancée de  nos projets sur : https://www.cabarettiste.org 

Cabarettistes ! ici s’organise notre solidarité et notre visibilité !  Que le spectacle commence… ensemble ! 

Le Collectif Cabarettiste 

Mail : contact@cabarettiste.org 

 

  

 

Le théâtre d’Arles, scène conventionnée d’intérêt national, se voit amputée de ses missions, de ses subventions et de sa légitimité  après les décisions du Maire d’Arles, Patrick de Carolis.

Il ne suffit pas d’avoir été Président Directeur Général de France télévision entre 2005 et 2010, pour être un ami des arts et de la culture. C’est en tous les cas la démonstration qui est faite aujourd’hui par Patrick de Carolis, Maire d’Arles depuis juillet 2020, et qui a pris des décisions graves et définitives à l’encontre du théâtre d’Arles.

Nonobstant le mépris affiché depuis son élection envers l’équipe du théâtre d’Arles en refusant obstinément de recevoir la directrice et le Président de l’association délégataire depuis le début de son mandat, Monsieur de Carolis affiche clairement un projet aux relents populistes.

 

[COMMUNIQUE DE PRESSE L’ACDN] Suite à l’occupation de l’Odéon et à la visite de la ministre aux occupants

« …nous tenons à saluer aujourd’hui la mobilisation des occupant.e.s du Théâtre de l’Odéon que nous soutenons pleinement sur l’ensemble de leurs revendications. »

CP ACDN_ 070321 ODEON

[HOMMAGE] Mort d’une cheville ouvrière de la critique

Dominique Darzacq, présidente d’honneur du Syndicat de la critique, s’est éteinte le 8 janvier. Elle allait avoir 89 ans.

On la reconnaissait de loin à sa frêle silhouette. Pas très grande en taille mais forte en gueule, incroyablement pudique, elle a consacré toute sa vie à l’exercice de la critique dramatique dont elle fut, jusqu’à son dernier souffle, une représentante émérite.

Ses premiers articles paraissent dans “Combat”. Indépendante jusqu’au bout de sa plume, elle a écrit pour “Connaissance des arts”, “Le Monde”, “Révolution”, “Le Journal du Théâtre”, “Théâtre Aujourd’hui” et, ces derniers temps, pour “Webtheatre”, un blog théâtral animé entre autres par notre confrère Gilles Costaz…  Chroniqueuse un temps à France Inter, elle avait intégré l’ORTF avant de se faire virer en 68 après les grandes grèves qui avaient paralysé l’audiovisuel public. C’est Yves Mourousi qui lui offre la possibilité de revenir à la télévision où elle animera une émission théâtrale sur TF1. Elle avait aimé travailler avec ce journaliste qui lui ouvrait sans soucis son “JT” de 13h : “il ne me demandait même pas de quoi j’allais parler. Il me faisait confiance, et je parvenais à balancer des sujets de plus de 6mn” me racontait-elle. Pour l’INA, elle a réalisé des documentaires précieux, désormais étudiés à l’université, sous le titre Mémoire du théâtre. Elle a ainsi réalisé le portrait d’Hubert Gignoux, Roger Planchon, René Allio, Jorge Lavelli, Isabelle Sadoyan, Aurélien Recoing, Antoine Bourseiller ou encore Jean-Pierre Vincent. Avec ce dernier, ils ont écrit ensemble Le désordre des vivants. Mes quarante-trois premières années de théâtre en 2002. En 2006, elle publie Mission d’artistes : les centres dramatiques de 1946 à nos jours tandis qu’en 1985, elle avait consacré un ouvrage au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, Du théâtre comme il n’était pas à prévoir mais comme il est à espérer.

Membre très active du Syndicat professionnel de la critique dramatique, c’était une figure qui pouvait impressionner les plus jeunes d’entre nous, une lectrice attentive des uns et des autres. Elle fut un soutien, un pilier, une référence pour beaucoup d’apprentis critiques, une militante sans faille du théâtre et de la critique, curieuse des artistes, des créations. Ses critiques étaient travaillées, chaque mot ayant son importance, cherchant à dégager des horizons.

En juin, sa compagne de toute une vie, Martine Spangaro, disparaissait des suites de “ce maudit crabe” comme elle disait. Martine avait dirigé le théâtre de Sartrouville et, ces dernières années, le théâtre du Petit Louvre, l’un des lieux les plus intéressants du Off d’Avignon. “La vie sans elle n’a plus de saveur” me confiait-elle il y a quelques jours, depuis que “ma moitié solaire n’est plus”. Elles se sont aimées pendant quarante ans, courageusement, joyeusement, face à l’adversité. Leurs vies étaient entièrement dédiées au théâtre. Jusqu’au bout, malgré son cancer dont elle ne parlait jamais, Dominique est restée cette journaliste curieuse du théâtre sous toutes ses coutures sans se préoccuper des modes “qui ne font que passer” comme elle disait.

Marie-José Sirach, Présidente du Syndicat de la critique.

 

Article paru dans le journal L’Humanité

https://www.humanite.fr/theatre-mort-de-dominique-darzacq-cheville-ouvriere-de-la-critique-698531

© DR

Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer le décès de notre très chère consœur et Vice-Présidente d’Honneur du Syndicat Professionnel de la critique Dominique Darzacq, survenu ce vendredi 8 janvier.

Journaliste, critique émérite, Dominique Darzacq a travaillé notamment à France Inter, Connaissance des Arts, Le Monde, Révolution et à TF1.

Elle a aussi collaboré à diverses revues et publications, notamment, le Journal du Théâtre, Itinéraire et Théâtre Aujourd’hui.

Dominique a également réalisé pour l’INA, « Mémoire du théâtre », une remarquable série d’entretiens-portraits avec les grandes figures : Hubert Gignoux, Roger Planchon, René Allio, Jacques Mauclair, Jean-Pierre Vincent, Jorge Lavelli, etc.

Elle était Officier des Arts et des Lettres.

Sa mort nous plonge dans une immense peine. Elle s’en est allée retrouver sa compagne de toute une vie, Martine Spangaro, qui s’est éteinte il y a quelques mois à peine.

 

© DR

 

Ariane Mnouchkine sur le vaccin : « Ministres, n’êtes-vous donc pas prêts ?

[TRIBUNE] La directrice du Théâtre du Soleil ne comprend pas la lenteur et les atermoiements du gouvernement en matière de vaccination contre le Covid-19. Elle le fait savoir dans cette tribune, qui fédère déjà plusieurs dizaines de signatures, et en attend bien d’autres…

Ministres, n’êtes-vous donc pas prêts ? Et votre chef ? Au bout d’un an de ratages, d’appauvrissement, de pertes, d’humiliations, de souffrances, de morts, vous n’êtes toujours pas prêts ?!
Alors qu’en Allemagne et au Royaume Uni, au Danemark, dans toute l’Europe, les campagnes de vaccinations enregistrent des patients par milliers, en France, la patrie de Pasteur, nous comptons à peine quatre centaines de personnes âgées vaccinées. Et deux ou trois médecins, alors que tous les soignants de France et de Navarre devraient l’être avant tout le monde.

 

Pourquoi ? Que se passe-t-il ?
À vous écouter les Français seraient trop sceptiques, trop hésitants, bref, trop anti-vaccins.
Avez-vous donc si peur des Français que vous régliez ainsi votre pas sur les plus craintifs ou, plutôt, sur les plus soupçonneux d’entre nos concitoyens échaudés par vos mensonges et qu’aujourd’hui, vous poussez à la crainte par vos bobards obstinés et votre pusillanimité incompréhensible ?
Allez-vous vraiment vous abriter longtemps derrière ceux qui, par votre faute, restent indécis ? Ne voyez-vous pas que votre tiédeur suspecte nourrit les thèses obscurantistes les plus nocives, les plus vénéneuses.
Que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ne le fassent pas, c’est leur droit, mais en leur nom, allez-vous prétendre empêcher les volontaires de le faire au plus vite alors que, ce faisant, nous protègerions jusqu’aux plus rétifs des anti-vaccins, qui le savent bien d’ailleurs.

Pensez-vous vraiment pouvoir nous rejouer la petite musique de mars contre les masques ? Non ? Alors, faites votre métier, arrêtez de jouer de la flûte. Faites votre devoir. Organisez cette campagne de vaccination comme il se doit pour que nous, artistes de tous ordres, grands et petits restaurateurs, cafetiers, bistrotiers, boutiquiers, étudiants, professeurs, docteurs, infirmières, brancardiers, pompiers, policiers, caissières, athlètes, personnes âgées, nous puissions faire le nôtre et partager à nouveau ce qui s’appelle le bien commun, pour certains en ouvrant leurs théâtres, leurs cinémas, leurs restaurants, leurs boutiques, leurs bars, leurs gymnases, leurs universités, leurs bras. Pour d’autres, en cessant de surveiller nos cabas, nos déplacements, nos verres, nos fêtes, nos places et nos rues et en retrouvant leurs vraies missions de gardiens de la paix.

Ministres français, vous tremblez ? Et votre chef. Alors que, avec une incroyable promptitude, inespérée il y a encore quelques semaines, des savants du monde entier, ont, grâce à leur travail acharné, déposé en vos mains l’arme nécessaire et, bientôt, suffisante, pour vaincre le virus et libérer le pays de cet occupant dévastateur, vous tremblez ?! Alors partez. Démissionnez. Nous avons besoin de gens courageux, compétents, respectueux de leurs concitoyens.

Eh bien, qu’attendez-vous ? Vous voulez des suicides, des émeutes ? Des suicides, il y en a déjà. Quant aux émeutes, elles brûlent dans beaucoup de cœurs. Des cœurs pourtant bien sages d’habitude.

 

Si vous souhaitez co-signer cette tribune, envoyez votre nom et profession à : colere@theatre-du-soleil.fr

Publié le 02/01/21 (telerama.fr)

https://www.telerama.fr/debats-reportages/ariane-mnouchkine-sur-le-vaccin-ministres-netes-vous-donc-pas-prets-6792434.php