Au printemps 2017, j’ai appris avec bonheur l’existence de la bourse de l’APCTMD destinée à aider de jeunes critiques à se rendre à l’un des trois grands festival de théâtre (Avignon), de musique (Aix-en-Provence) ou de danse (Montpellier) organisés dans l’été. Jeune critique de théâtre, je finançais jusqu’alors ma présence au Festival d’Avignon en travaillant à la bibliothèque de la Maison Jean Vilar. Un travail alimentaire privilégié, certes, mais qui ne me laissait pas assez de temps pour me consacrer pleinement à la critique. Grâce à la bourse, j’ai pu me rendre à Avignon avec une seule casquette, celle de journaliste, et consacrer tout mon temps et mon énergie à l’activité de spectatrice-critique.

Outre l’aide financière indispensable à la vie de festivalier, il me semble important de souligner le soutien moral que constitue cette bourse. On le sait, l’insertion professionnelle des jeunes journalistes est souvent difficile, en particulier dans le secteur culturel. Dans ce contexte, la bourse portée par l’APCTMD m’est apparue comme une main tendue, un signe d’ouverture et d’encouragement envoyé par des confrères expérimentés et admirés. Je garderai longtemps le souvenir de la première conversation critique dans la cour du Cloître Saint-Louis, où je suis allée m’asseoir, livide et tremblante, à la table des vieux briscards de la critique qui plaisantaient sur le dernier spectacle qu’ils avaient vu, en attendant que le débat commence… Au-delà de l’anecdote, c’est précisément là que se situe, je crois, le plus grand intérêt de ce dispositif : nous permettre de nager dans le grand bain de la critique, d’apprendre le métier en le pratiquant de manière intensive pendant trois semaines, au contact de ses pairs. Cet exercice fut pour moi éminemment responsabilisant, « légitimant » et formateur.

L’immersion et la présence sur toute la durée du festival permettent également de faire des rencontres et d’amorcer des collaborations qui pourront se prolonger au-delà du mois de juillet. A l’issue du festival, j’ai ainsi entamé deux nouvelles collaborations avec le magazine web Profession-Spectacle et avec le site internet de la revue Frictions.

Enfin, j’aimerais dire le plaisir que j’ai eu à partager cette expérience avec mes camarades lauréats. Le journalisme étant un exercice solitaire, il est passionnant de voir ses collègues à l’œuvre et de les interroger sur leur propre expérience. J’ai ainsi découvert avec Ronan Ynard une pratique de la critique qui, je dois l’avouer, m’était totalement inconnue : le vlog théâtre. Dans un tout autre style, j’ai beaucoup appris en discutant et en regardant travailler Caroline Châtelet, dont l’exigence et la profondeur des analyses sont de précieux modèles à emporter avec soi après le festival.

Lien vers quelques articles publiés lors du Festival :

- Critique du spectacle Tristesse et joie dans la vie des girafes, parue dans le journal L’Humanité

- Article sur le dispositif Ecrits d’acteurs mis en place par l’Adami, paru dans le journal L’Humanité

- « Billet d’humeur » sur le spectacle Les Parisiens, publié sur le site internet de la revue Agôn

- Critique du spectacle Unwanted, publiée sur le site internet Profession-Spectacle