Pierre Debauche

Pierre Debauche

Paris, le 9 janvier 2018

Pierre Debauche vient de nous quitter alors que, malgré une maladie contraignante et un âge avancé, il continuait à animer le Théâtre et l’École de comédiens qu’il a créés à Agen. Ce fut la dernière aventure réussie d’un homme de théâtre qui depuis ses débuts n’a jamais cessé de se préoccuper du public, parfois oublié d’une partie de la famille-théâtre.
Je ne vais certes pas rappeler tout l’extraordinaire parcours d’un utopiste convaincu.
Je veux retenir, ici, deux aventures : celle de Nanterre et celle de Limoges. Il décide, avec sa petite équipe, de prendre en charge les spectateurs potentiels d’une commune déshéritée de banlieue et installe un modeste chapiteau au rond-point de La Boule (ça ne s’invente pas). Il l’inaugure sous l’orage, mais ne se décourage pas et réussit à convaincre la municipalité de lui confier un terrain en friche où vivait encore esseulé un petit amandier ! Et ça sera la construction de ce magnifique théâtre qu’il fera bâtir en complicité avec les architectes. En attendant, il montera Les Misérables, y révélant de jeunes comédiens, comme Patrick Chesnais ou Nicole Garcia. Quand le Théâtre des Amandiers sera ouvert au public, il invitera d’autres artistes, comme, notamment, son complice du Conservatoire, où ils enseignaient, Antoine Vitez. Celui-ci y donnera sa deuxième édition d’Electre, hors les murs, donnant naissance à  » théâtre des quartiers »… qui deviendra le Théâtre des Quartiers d’Ivry…
Autre aventure : Robert Abirached décide « d’envoyer en terre de mission » Pierre Debauche… et ça sera Limoges.

Lucien Attoun